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La domination de Jonas Vingegaard sur le Giro 2026, par Frédéric Portoleau
31-05-2026, 14:23 - Mathieu
Jonas Vingegaard va remporter le Tour d'Italie pour la première fois de sa carrière. Il a largement dominé ses adversaires en montagne, surtout dans la deuxième partie de l'épreuve. Il remporte 5 étapes de montagne, 5 arrivées en altitude. Mis à part lors du contre-la-montre, il a été très performant à chaque étape et son équipe fut très solide pour contrôler la course et le protéger jusqu'à ses attaques.
Jonas Vingegaard remporte une première victoire au sommet du Blockhaus. Le Danois améliore le précédent record de Nairo Quintana (39min57s en 2017) de 1min32s en 38min25s pour les 13,54 km à 8,43%. Pourtant Vingegaard n'assomme pas la course puisqu'il faiblit légèrement dans les derniers kilomètres où Felix Gall lui reprend un peu de temps. L'Autrichien termine deuxième à 13s seulement. Afonso Eulalio conserve son maillot rose de leader, acquis deux jours plus tôt quand il s'était glissé dans la bonne échappée. La route du Blockhaus par ce versant est souvent exposée au vent (absence de végétation) et celui-ci était très prononcé le jour de l'étape donc je ne proposerai pas d'estimation de puissance.
Deux jours plus tard en Emilie-Romagne, Vingegaard double la mise au sommet de Corno Alle Scale (tronçon final de 5,4 km à 8,37%). Le Danois l'emporte encore devant Felix Gall et développe une puissance moyenne étalon de 469 watts pendant 14min15s (6,85 w/kg si 60 kg).
Il réalise ensuite un contre-la-montre relativement décevant en terminant 13ème à plus de 3min de Filippo Ganna sur les 42 km pratiquement plats. Thymen Arensman et Derek Gee qui visent une bonne place au classement général lui reprennent un peu de temps. Bien que victorieux de deux étapes, Jonas Vingegaard n'a donc pas été ultra-dominateur sur cette première partie du Tour d'Italie. Eulalio porte toujours le maillot rose et Vingegaard, 2ème, a 1min30s d'avance au général sur Arensman, 1min57s sur Gall et 2min39s sur Hindley.
Le Danois prend un ascendant presque définitif lors de la 14ème étape. Il remporte une 3ème victoire au sommet de Pila dans le Val d'Aoste et devient le nouveau leader de la course. Sur cette longue montée de 16,54 km à 7,09% de pente moyenne, il devance Gall de 49s et Hindley de 58s. Vingegaard développe 449 watts étalon sur une durée de 40min39s (6,55 w/kg si 60 kg). En fin d'ascension, il a creusé des écarts importants sur ses rivaux. Il développe 487 watts étalon (7,1 w/kg si 60 kg) pendant 12min13s sur un segment de 4,93 km à 7,71%.
Deux jours plus tard, le double vainqueur du Tour de France (2022 et 2023) remporte une 4ème victoire en Suisse sur les hauteurs de Cari. La course est bien contrôlée par son équipe sur cette étape courte de 113 km seulement. Vingegaard démarre à 6,8 km de l'arrivée et reprend 1min09s à Gall, 1min11s à Hindley et 1min14s à Arensman. Le Danois développe une puissance moyenne de 455 watts étalon sur une durée de 30min48s. La montée de Cari fait 11,5 km à 8,11%. Sur son attaque, il a produit 486 watts étalon pendant 7min34s (7,1 w/kg si 60 kg). Enfin, il bat assez nettement l'ancien record d'Adam Yates (31min42s sur le Tour de Suisse 2024). Au classement général, il a maintenant 4min03s d'avance sur Gall et 4min27s sur Arensman.
Son coéquipier Sepp Kuss remporte la grande étape des Dolomites où 6 cols sont franchis. La bonne échappée se forme dans la montée du Passo Duran, le premier col de la journée. Sepp Kuss développe l'équivalent de 436 watts étalon pendant 36min39s soit un effort très intense. Le peloton des favoris, contrôlé par l'équipe Visma de Vingegaard a 1min50s de retard au sommet. L'Américain va rester caché dans le groupe à l'avant en ne prenant pas de relais et ne jouant pas les sprints pour les classements de la montagne. Au pied de la dernière ascension du jour, le Piani di Pezze, Giulio Ciccone qui a attaqué dans la descente du Passo di Falzarego a 1min03s d'avance sur les autres échappés avec Sepp Kuss et 2min12s sur le groupe Vingegaard. Sepp Kuss dépasse Ciccone dans la montée finale (4,97 km à 9,74%) après un effort de 15min27s à 454 watts étalon (~6,6 w/kg). Dans le groupe des favoris, Gall attaque et seul Vingegaard et Hindley peuvent le suivre. Le Danois reste avec l'Autrichien, il n'attaque pas pour laisser la victoire à Sepp Kuss. Il avait sûrement les jambes pour remporter une 5ème étape. Gall et Vingegaard escaladent cette montée finale en 14min58s à une puissance étalon moyenne de 461 watts.
Pour terminer en beauté, Vingegaard s'offre une 5ème victoire à Piancavallo (13,82 km à 8,05%), la veille de l'arrivée. Il se détache après 10 minutes de montée à 11 km du sommet après un rythme très soutenu de ses équipiers. Il bat le record de Pantani de 1998 de 5 secondes en 36min15s. Sa puissance moyenne étalon estimée est de 461 watts (6,75 w/kg si 60 kg). La performance fera date dans l'histoire du cyclisme car il s'agissait d'un record jugé inaccessible avant 2024. Sur la partie la plus difficile de la montée (9,63 km à 9,03%), Vingegaard a développé une puissance de 469 watts étalon pendant 27min13s (6,9 w/kg si 60 kg).
En moyenne sur les arrivées en altitude de plus de 20 minutes (Pila, Cari et Piancavallo), Vingegaard a développé 455 watts étalon (6,5 w/kg si 60 kg) pour des durées d'ascension en moyenne de 35min54s. Cette moyenne indique la capacité à répéter plusieurs grandes performances au cours d'un grand Tour de 3 semaines. Sur le Giro, il faut remonter à Marco Pantani en 1998 pour observer une telle valeur. La performance de Vingegaard sur ce Giro apparaît donc extraordinaire et c'est une mauvaise nouvelle pour le cyclisme. Il faut aussi se souvenir que le Danois n'a jamais démontré son potentiel pour remporter des grands Tours avant 2021. Il est devenu un autre coureur à 25 ans.
Par rapport à ses performances du passé (de 2021 à 2025), Jonas Vingegaard est en grande forme, ses 3 montées tests de ce Giro sont proches de ses performances maximales comme le montre le graphique suivant.

Et voici également une mise à jour du profil de puissance de Jonas VIngegaard. En tirets bleus, un modèle statistique de profil de puissance issu de l'étude publiée dans Human Kinetics Journal.


Tadej Pogacar est en phase de préparation pour le Tour de France, il faudra qu'il soit à un très bon niveau pour remporter un 5ème titre. Le Tour de Suisse raccourci donnera une idée de son potentiel 2026 en montagne, en particulier sur la montée de Villars-sur-Ollon. Sur le Tour de Romandie début mai, il a remporté les deux étapes de montagne avec une puissance étalon de 459 watts sur le Jaun Pass pendant 21min30s. Sur le haut du col, il s'est testé et a produit une puissance de 490 watts étalon (7 w/kg si 66 kg) pendant 8min19s. Il s'agit d'une performance similaire, pour un effort bref, aux accélérations de Vingegaard sur le Tour d'Italie. Cependant, il sortait juste de sa campagne des classiques. Il pourrait être bien plus fort en montagne en juillet.
Les principaux concurrents de Jonas Vingegaard ont également montré de grandes aptitudes dans les cols. Felix Gall et Jay Hindley sont au-dessus de 430 watts étalon en moyenne sur les trois montées tests avec respectivement 434 et 431 watts. Comme le vainqueur du Giro, ils sont en pleine forme. Depuis 2023, Felix Gall fait partie des meilleurs grimpeurs du peloton professionnel. C'est la première fois qu'il termine sur le podium d'un grand Tour. En moyenne il est au-dessus de son niveau lors du Tour de France 2023 (426 watts étalon).
Jay Hindley monte pour la troisième fois sur le podium du Giro après sa 2ème place en 2020 et sa victoire en 2023. D'après mes données, à 30 ans il se maintient à un très haut niveau de performance en montagne.
Mathys Rondel a effectué un Giro prometteur à 22 ans. Pour les 3 montées principales de Pila, Cari et Piancavallo, j'estime ses puissances étalon à 413, 407 et 408 soit une moyenne de 409. Il va terminer 11ème de son premier grand Tour. Il a fait preuve d'une grande régularité.

Tableau récapitulatif des watts étalon / chronos sur les 5 ascensions de fin d'étape
Frédéric Portoleau
Jonas Vingegaard remporte une première victoire au sommet du Blockhaus. Le Danois améliore le précédent record de Nairo Quintana (39min57s en 2017) de 1min32s en 38min25s pour les 13,54 km à 8,43%. Pourtant Vingegaard n'assomme pas la course puisqu'il faiblit légèrement dans les derniers kilomètres où Felix Gall lui reprend un peu de temps. L'Autrichien termine deuxième à 13s seulement. Afonso Eulalio conserve son maillot rose de leader, acquis deux jours plus tôt quand il s'était glissé dans la bonne échappée. La route du Blockhaus par ce versant est souvent exposée au vent (absence de végétation) et celui-ci était très prononcé le jour de l'étape donc je ne proposerai pas d'estimation de puissance.
Deux jours plus tard en Emilie-Romagne, Vingegaard double la mise au sommet de Corno Alle Scale (tronçon final de 5,4 km à 8,37%). Le Danois l'emporte encore devant Felix Gall et développe une puissance moyenne étalon de 469 watts pendant 14min15s (6,85 w/kg si 60 kg).
Il réalise ensuite un contre-la-montre relativement décevant en terminant 13ème à plus de 3min de Filippo Ganna sur les 42 km pratiquement plats. Thymen Arensman et Derek Gee qui visent une bonne place au classement général lui reprennent un peu de temps. Bien que victorieux de deux étapes, Jonas Vingegaard n'a donc pas été ultra-dominateur sur cette première partie du Tour d'Italie. Eulalio porte toujours le maillot rose et Vingegaard, 2ème, a 1min30s d'avance au général sur Arensman, 1min57s sur Gall et 2min39s sur Hindley.
Le Danois prend un ascendant presque définitif lors de la 14ème étape. Il remporte une 3ème victoire au sommet de Pila dans le Val d'Aoste et devient le nouveau leader de la course. Sur cette longue montée de 16,54 km à 7,09% de pente moyenne, il devance Gall de 49s et Hindley de 58s. Vingegaard développe 449 watts étalon sur une durée de 40min39s (6,55 w/kg si 60 kg). En fin d'ascension, il a creusé des écarts importants sur ses rivaux. Il développe 487 watts étalon (7,1 w/kg si 60 kg) pendant 12min13s sur un segment de 4,93 km à 7,71%.
Deux jours plus tard, le double vainqueur du Tour de France (2022 et 2023) remporte une 4ème victoire en Suisse sur les hauteurs de Cari. La course est bien contrôlée par son équipe sur cette étape courte de 113 km seulement. Vingegaard démarre à 6,8 km de l'arrivée et reprend 1min09s à Gall, 1min11s à Hindley et 1min14s à Arensman. Le Danois développe une puissance moyenne de 455 watts étalon sur une durée de 30min48s. La montée de Cari fait 11,5 km à 8,11%. Sur son attaque, il a produit 486 watts étalon pendant 7min34s (7,1 w/kg si 60 kg). Enfin, il bat assez nettement l'ancien record d'Adam Yates (31min42s sur le Tour de Suisse 2024). Au classement général, il a maintenant 4min03s d'avance sur Gall et 4min27s sur Arensman.
Son coéquipier Sepp Kuss remporte la grande étape des Dolomites où 6 cols sont franchis. La bonne échappée se forme dans la montée du Passo Duran, le premier col de la journée. Sepp Kuss développe l'équivalent de 436 watts étalon pendant 36min39s soit un effort très intense. Le peloton des favoris, contrôlé par l'équipe Visma de Vingegaard a 1min50s de retard au sommet. L'Américain va rester caché dans le groupe à l'avant en ne prenant pas de relais et ne jouant pas les sprints pour les classements de la montagne. Au pied de la dernière ascension du jour, le Piani di Pezze, Giulio Ciccone qui a attaqué dans la descente du Passo di Falzarego a 1min03s d'avance sur les autres échappés avec Sepp Kuss et 2min12s sur le groupe Vingegaard. Sepp Kuss dépasse Ciccone dans la montée finale (4,97 km à 9,74%) après un effort de 15min27s à 454 watts étalon (~6,6 w/kg). Dans le groupe des favoris, Gall attaque et seul Vingegaard et Hindley peuvent le suivre. Le Danois reste avec l'Autrichien, il n'attaque pas pour laisser la victoire à Sepp Kuss. Il avait sûrement les jambes pour remporter une 5ème étape. Gall et Vingegaard escaladent cette montée finale en 14min58s à une puissance étalon moyenne de 461 watts.
Pour terminer en beauté, Vingegaard s'offre une 5ème victoire à Piancavallo (13,82 km à 8,05%), la veille de l'arrivée. Il se détache après 10 minutes de montée à 11 km du sommet après un rythme très soutenu de ses équipiers. Il bat le record de Pantani de 1998 de 5 secondes en 36min15s. Sa puissance moyenne étalon estimée est de 461 watts (6,75 w/kg si 60 kg). La performance fera date dans l'histoire du cyclisme car il s'agissait d'un record jugé inaccessible avant 2024. Sur la partie la plus difficile de la montée (9,63 km à 9,03%), Vingegaard a développé une puissance de 469 watts étalon pendant 27min13s (6,9 w/kg si 60 kg).
En moyenne sur les arrivées en altitude de plus de 20 minutes (Pila, Cari et Piancavallo), Vingegaard a développé 455 watts étalon (6,5 w/kg si 60 kg) pour des durées d'ascension en moyenne de 35min54s. Cette moyenne indique la capacité à répéter plusieurs grandes performances au cours d'un grand Tour de 3 semaines. Sur le Giro, il faut remonter à Marco Pantani en 1998 pour observer une telle valeur. La performance de Vingegaard sur ce Giro apparaît donc extraordinaire et c'est une mauvaise nouvelle pour le cyclisme. Il faut aussi se souvenir que le Danois n'a jamais démontré son potentiel pour remporter des grands Tours avant 2021. Il est devenu un autre coureur à 25 ans.
Par rapport à ses performances du passé (de 2021 à 2025), Jonas Vingegaard est en grande forme, ses 3 montées tests de ce Giro sont proches de ses performances maximales comme le montre le graphique suivant.

Et voici également une mise à jour du profil de puissance de Jonas VIngegaard. En tirets bleus, un modèle statistique de profil de puissance issu de l'étude publiée dans Human Kinetics Journal.


Tadej Pogacar est en phase de préparation pour le Tour de France, il faudra qu'il soit à un très bon niveau pour remporter un 5ème titre. Le Tour de Suisse raccourci donnera une idée de son potentiel 2026 en montagne, en particulier sur la montée de Villars-sur-Ollon. Sur le Tour de Romandie début mai, il a remporté les deux étapes de montagne avec une puissance étalon de 459 watts sur le Jaun Pass pendant 21min30s. Sur le haut du col, il s'est testé et a produit une puissance de 490 watts étalon (7 w/kg si 66 kg) pendant 8min19s. Il s'agit d'une performance similaire, pour un effort bref, aux accélérations de Vingegaard sur le Tour d'Italie. Cependant, il sortait juste de sa campagne des classiques. Il pourrait être bien plus fort en montagne en juillet.
Les principaux concurrents de Jonas Vingegaard ont également montré de grandes aptitudes dans les cols. Felix Gall et Jay Hindley sont au-dessus de 430 watts étalon en moyenne sur les trois montées tests avec respectivement 434 et 431 watts. Comme le vainqueur du Giro, ils sont en pleine forme. Depuis 2023, Felix Gall fait partie des meilleurs grimpeurs du peloton professionnel. C'est la première fois qu'il termine sur le podium d'un grand Tour. En moyenne il est au-dessus de son niveau lors du Tour de France 2023 (426 watts étalon).
Jay Hindley monte pour la troisième fois sur le podium du Giro après sa 2ème place en 2020 et sa victoire en 2023. D'après mes données, à 30 ans il se maintient à un très haut niveau de performance en montagne.
Mathys Rondel a effectué un Giro prometteur à 22 ans. Pour les 3 montées principales de Pila, Cari et Piancavallo, j'estime ses puissances étalon à 413, 407 et 408 soit une moyenne de 409. Il va terminer 11ème de son premier grand Tour. Il a fait preuve d'une grande régularité.

Frédéric Portoleau





